Une assurance pour quoi faire ?
Avec un dégât des eaux toutes les quarante secondes, rien qu’en France, bien peu de gens ont la chance de passer leur vie entière sans connaître un seul sinistre. Sans compter le risque d’être cambriolé ou qu’un vent violent vienne envoler votre toiture. Une assurance est nécessaire afin que les dommages que subissent vos biens soient indemnisés par l’assureur tout comme ceux que vous causez à autrui. Sinon vous devrez payer tout de votre poche.
Mais les formules communes de contrat ne couvrent pas forcément tout. Ainsi, beaucoup de victimes de la tempête de la fin de l’année 1999 ont découvert, mais un peu tard, que les plantations de leur jardin n’étaient pas garanties, ni même la piscine. Alors pour ne pas être déçu de l’indemnisation, suite à un sinistre, mieux vaut connaître avec précision l’étendue de la garantie et bien préciser ce que vous désirez assurer. Chaque assureur a des contrats types mais dans les conditions particulières il est parfois possible de faire des adaptations, moyennant augmentation de la cotisation naturellement.
LES BIENS QUE VOUS POUVEZ ASSURER
- Les biens immobiliers : Les contrats garantissent les bâtiments appartenant à l’assuré (l’habitation elle même, les dépendances), à l’exclusion du terrain, mais également les aménagements et les installations qui ne peuvent être détachés sans être détériorés, ou sans détériorer la construction. Ainsi sont, en général, couverts les perrons, les escaliers extérieurs qui font corps avec la maison, les murs de clôture et de soutènement. En revanche, sont très souvent exclus de a garantie : les terrasses extérieures, les voies d’accès, les arbres et plantations, les cours et les jardins. Vous devez néanmoins signaler leur existence afin que soit garantie votre responsabilité si l’un de ces éléments cause un dommage à un voisin ou à un visiteur. En ce qui concerne les dépendances, la vigilance s’impose. Certains contrats énumèrent les locaux visés et limitent donc la garantie à ces derniers ; si vous possédez une dépendance non listée, elle ne sera alors pas couverte. Si vous disposez, par ailleurs, d’une dépendance qui n’est pas contiguë à la maison (par exemple un garage situé à une autre adresse) prenez le soin de le mentionner. Pour les anciens contrats, vérifiez que la souscription d’un contrat spécifique ne soit pas utile. Si enfin les bâtiments attenants à votre résidence principale sont de grande surface, ils risquent de ne pas être garantis par un contrat standard. Vous devez être particulièrement vigilant, si, par exemple, vous possédez une demeure rurale avec d’anciens locaux agricoles.
- Les embellissements : Il s’agit des aménagements que vous avez réalisés chez vous tels que les placards, le carrelage mais également les peintures, vernis, miroirs fixés aux murs, revêtements de boiserie, faux plafond, éléments fixes de cuisine ou de salle de bains, les revêtements collés de sol, de mur et de plafond. Ils sont considérés comme des immeubles par destination parce qu’ils ne peuvent pas être retirés de leur support sans endommager ce dernier. S’ils sont endommagés lors d’un sinistre, vous recevrez une indemnisation de la part de l’assureur. Mais pour cela, il faut les prendre en compte dans le montant à garantir.
- Le mobilier : Seuls les meubles qui se trouvent, en principe, dans les locaux assurés sont garantis (sauf en cas de garantie villégiature voir Encadré ci dessous). Sont visés tous les meubles et objets appartenant à vous en tant qu’assuré, aux membres de votre famille, à votre employé de maison et aux personnes vivant habituellement et à titre gratuit sous votre toit. Les objets qui ne vous appartiennent pas mais que vous détenez sont, en principe, couverts parce que vous en êtes responsable. En cas de bien en location (téléviseur par exemple) vérifiez tout de même votre contrat. Par ailleurs, le mobilier est garanti à concurrence du capital indiqué au contrat. A cet égard les objets entreposés dans les dépendances sont toujours garantis pour des montants très peu élevés.
A noter
Les véhicules à moteur ne sont pas couverts par la multirisque habitation même s’ils ne sortent jamais du garage. lis doivent faire l’objet d’une assurance spécifique. Sachez, cependant, que les jouets d’enfants dès lors qu’ils ne se déplacent pas à plus de 5 km/h peuvent faire partie du mobilier assuré.
- Les objets de valeur et précieux : La multirisque habitation classique ne propose qu’une garantie forfaitaire pour les objets d’art ou de valeur. En effet, les bijoux, beaux meubles, tableaux, collections, etc., sont couverts pour un montant proportionnel au montant total de la garantie retenue pour le mobilier. Le pourcentage fréquemment rencontré dans les contrats est de 30 %. Mais, pour obtenir cette garantie, des normes de sécurité doivent être respectées et les locaux ne doivent pas rester trop longtemps inoccupés.
Attention
La définition de l’objet de valeur est variable d’un assureur à l’autre. Certains contrats se réfèrent à la nature d’un bien en visant expressément : les bijoux, les tableaux, les sculptures, les émaux... D’autres prennent en compte la valeur unitaire de l’objet. Sont considérés comme des objets de valeur ceux dont le prix dépasse par exemple 100 fois un indice de référence comme celui de la Fédération nationale du bâtiment ; sa valeur étant de 581,4, seuls seront considérés comme précieux les objets d’une valeur de 58 140 F (valeur du 2ème trimestre 2000). Votre joli fauteuil des années 30 acheté 35 000 F sera donc remboursé comme n’importe quelle chaise acquise dans un supermarché de meubles avec application d’un coefficient de vétusté ! Ainsi, si vous possédez des objets précieux dont la valeur dépasse la limite de garantie offerte dans un contrat standard, demandez une garantie spécifique.
UNE BONNE ÉVALUATION DE VOS BIENS
L’indemnisation que vous versera l’assureur en cas de sinistre dépend du capital garanti c’est à dire de la valeur des biens déclarés à partir de laquelle l’assureur a établi le montant de la prime. Cette somme est portée dans les conditions particulières du contrat. Le plafond pour le mobilier peut, par exemple, être de 200 000 F et celui de l’immeuble de 1,5 millions. Si un incendie détruit tous les meubles, c’est 200 000 F, au maximum, qui seront versés à la victime même si la perte est supérieure. Mais, elle n’est pas certaine de percevoir 200 000 E Car l’assureur évalue la plupart du temps la valeur du bien au jour du sinistre, vétusté déduite.
L’assuré ne reçoit donc pas une indemnité qui correspond au prix qu’il doit débourser pour se racheter le bien perdu neuf mais une indemnité qui tient compte de son ancienneté et de son état d’entretien. La cotisation que vous acquittez pour vous assurer reflète également l’importance de vos biens. Vous paierez votre assurance, si vous possédez une villa meublée "empire", plus chère que celui qui possède un petit pavillon de banlieue équipé avec les moyens du bord. Il est donc important pour payer la prime à son juste prix et être assuré le plus complètement possible de bien évaluer la valeur des biens.
- Ayez le compas dans l’oeil : Evaluez soigneusement le contenu de votre habitation, pièce par pièce, afin que le capital assuré soit réaliste il est inutile de payer une forte prime pour trois meubles récupérés aux puces. Si vous avez surévalué votre capital à assurer, votre assureur ne vous remboursera pas au delà du montant des dommages. De même, il est stupide de payer une prime minimum pour un ameublement soigné un abattement sera pratiqué sur votre remboursement. Si vous avez sous évalué, par exemple, la valeur de vos biens, votre indemnisation sera réduite à proportion.
Exemple :
Vous avez assuré vos biens pour 160 000 F Or l’expert constate, après sinistre (vol ou incendie par exemple), qu’ils valent en réalité 200 000 E Si tous vos meubles sont détruits ou volés, l’assurance remboursera 160 000 F et vous conserverez 40 000 F à votre charge. Si le dommage se monte à 120 000 F l’assureur appliquera une règle de trois et vous remboursera : 120 000 X 160 000 / 200 000 = 96 000 E Vous en serez de votre poche de 24 000 E En pratique, beaucoup d’assureurs n’appliquent pas cette règle drastique mais il faut que ce soit inscrit en clair dans le contrat. Vous recevrez, alors, en tout état de cause, au maximum l’équivalent du capital garanti.
Attention
La règle proportionnelle est appliquée en cas de fausse déclaration à la souscription ou en cours de contrat.
- Ne laissez pas dormir vos contrats : Vous payez, sans plus y penser, votre cotisation d’assurance annuelle et n’avez pas jeté le moindre regard à votre contrat depuis plusieurs années. C’est le moment de faire le point : un dépoussiérage s’impose périodiquement. Sinon, vous risquez de mauvaises surprises au moment de l’indemnisation d’un sinistre. Le capital garanti par l’assureur est réévalué automatiquement par le biais d’une indexation. Cette progression peut suffire si le contenu de votre patrimoine évolue peu. Mais si vous faites l’acquisition de nouveaux meubles ou avez hérité de quelques biens de valeur pensez à réévaluer le capital garanti. Vérifiez également que le capital garanti n’est pas supérieur à votre mobilier. L’assurance de l’immeuble peut également demander une réactualisation. Il en sera ainsi si vous avez agrandi la maison ou aménagé des combles ou encore construit une véranda.